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À la croisée des chemins : bahnars du Viêtnam
Août 2006. J’ai 10 ans.
Par un coup du hasard ou du destin, me voilà à Kon doxing, un village isolé des Hauts-Plateaux du Viêtnam. J’y rencontre Lyna, une jeune fille issue de l’ethnie minoritaire bahnar.
Ce choc des cultures, ces liens tissés malgré nos différences marquent profondément l’enfant que je suis. Je me fais une promesse : un jour, je reviendrai.
Août 2016. Dix ans plus tard, je tiens parole.
Passé et présent, souvenirs et réalité se confondent.
Je retrouve avec joie des visages familiers, dont celui de Lyna, restée au village et devenue mère.
Pendant plusieurs mois, elle m'accueille chez elle, dans la maison qu’elle partage avec ses huit frères et soeurs, leurs parents, son mari et leur fille Jelly.
À travers des images intimes, j’essaie de capturer cette vie simple, marginale, rythmée par le travail aux champs pour les adultes, l’école pour les enfants et l’animation du foyer.
Peu à peu, ils s’ouvrent à moi. J’entrevois les défis économiques et politiques qui les oppressent : les bahnars travaillent essentiellement pour les "viets" (vietnamiens), qui se sont progressivement accaparé leurs terres.
Dans leurs mots, dans leurs silences, j’entends le manque de reconnaissance et d’appartenance au monde qui les entoure, ce sentiment diffus d’infériorité, cette mélancolie sourde.
Les rêves des jeunes du village s’éteignent vite, étouffés par les nécessités de survie ou la maternité précoce. Comme Lyna, devenue mère à 16 ans.
Pourtant, la mélancolie cohabite avec une volonté farouche de s’en sortir, et d’offrir une vie meilleure à leurs enfants.
Parmi celles.eux qui ont encore le choix, le dilemme se pose : rester au village ou partir ?
Partir pour quoi ? Et pour qui ?
Celles.eux qui s’exilent pour aller travailler en ville rompent souvent les liens familiaux et amicaux, s’exposant à un déracinement inévitable.































